BRICS 2025 à Rio : Nouvelles Puissances, Tensions et Déroutes — Autopsie d’un Sommet Révélateur

À chaque sommets international, il y a toujours ce détail inattendu qui fait basculer l’histoire. Pour moi, c’est la vision d’hommes et de femmes, dans leurs costumes trempés par la pluie de Rio, arpentant les couloirs du musée d’art moderne alors qu’en coulisses, le monde bascule. Lorsque j’ai appris que Xi Jinping et Vladimir Poutine brillaient par leur absence (ou leur écran), j’ai su : ce sommet allait tout changer. Mais en quoi, vraiment ? Et surtout, que disent ces photos de famille — si souriantes en apparence — des vraies tensions du monde actuel ? Suivez-moi au cœur d’un sommet as atypique qu’explosif.

Rio, coup de théâtre : Absences, annonces-chocs et nouveaux venus

Le BRICS Summit 2025 à Rio de Janeiro restera dans l’histoire comme un sommet de ruptures et de révélations. Pour la première fois, les deux figures majeures du groupe, Xi Jinping et Vladimir Poutine, n’étaient pas réunies physiquement. Xi était absent, tandis que Poutine n’est intervenu qu’en visioconférence. Cette absence inédite soulève des interrogations sur la cohésion interne du groupe, alors même que les enjeux n’ont jamais été aussi cruciaux.

Malgré ce contexte particulier, la Déclaration de Rio de Janeiro a marqué un tournant. Les 6 et 7 juillet 2025, au Musée d’Art Moderne de Rio, les dirigeants des BRICS ont dévoilé une feuille de route ambitieuse, axée sur le renforcement du Sud global et la promotion d’une gouvernance mondiale plus inclusive. Ce sommet a aussi été l’occasion d’annoncer la création d’un conseil spatial commun, symbole de la volonté du groupe de s’affirmer dans les secteurs stratégiques du futur.

L’événement majeur reste cependant l’expansion BRICS 2025 avec l’entrée officielle de l’Indonésie. Ce pays, fort de 270 millions d’habitants, représente un atout géostratégique majeur. En effet, l’Indonésie contrôle le détroit de Malacca, par lequel transite environ 25% du commerce maritime mondial. Cette adhésion renforce considérablement le poids démographique et économique du bloc, qui regroupe désormais 49% de la population mondiale, 39% du PIB global, 34% des territoires et plus de 25% des exportations mondiales.

L’arrivée de l’Indonésie n’est pas un cas isolé. Le sommet a aussi accueilli de nouveaux partenaires stratégiques : le Kazakhstan, premier producteur mondial d’uranium ; le Nigeria, première économie africaine ; le Vietnam, considéré comme la nouvelle usine du monde ; mais aussi la Malaisie, la Thaïlande, Cuba, la Bolivie, l’Ouganda, l’Ouzbékistan et la Biélorussie. Cette dynamique d’élargissement traduit la volonté des BRICS de bâtir une véritable infrastructure parallèle à l’ordre économique existant.

Mais cette expansion n’est pas sans risques. Les relations BRICS-États-Unis se sont tendues dès l’annonce de la Déclaration de Rio de Janeiro. Les BRICS y dénoncent explicitement les mesures unilatérales américaines, notamment les tarifs douaniers et les sanctions non validées par l’ONU. En réponse, Donald Trump a menacé d’imposer une Trump taxe BRICS 2025 de 10% sur tout pays adoptant des politiques jugées « anti-américaines ». Cette réaction immédiate souligne à quel point l’expansion du groupe inquiète Washington.

Pourtant, la dépendance des membres des BRICS aux marchés américains demeure une réalité. L’Indonésie, tout juste intégrée, négocie déjà des accords commerciaux majeurs avec les États-Unis, tout comme le Vietnam et la Thaïlande. Ce paradoxe illustre la complexité de la transition vers un nouvel ordre économique mondial : les BRICS veulent s’émanciper, mais restent liés à l’économie américaine.

En somme, le BRICS Summit 2025 à Rio a révélé un groupe en pleine mutation, prêt à défier l’unilatéralisme mais encore confronté à ses propres contradictions. L’absence des deux géants, l’entrée de nouveaux membres stratégiques et la riposte américaine composent un tableau inédit, riche en enseignements pour l’avenir des relations internationales.

Unité affichée, fractures réelles : La Déclaration de Rio et ses paradoxes

La Déclaration de Rio de Janeiro, signée lors du sommet des BRICS en juillet 2025, devait marquer un tournant historique pour la coopération Sud global et la promotion d’une gouvernance inclusive et durable. Ce document de 31 pages, adopté dans le cadre prestigieux du musée d’art moderne de Rio, affiche une unité forte contre l’unilatéralisme américain. Pourtant, derrière cette façade, les paradoxes et tensions internes sautent aux yeux.

Dès les premières lignes, la déclaration critique ouvertement les mesures protectionnistes des États-Unis, en particulier les tarifs douaniers jugés contraires aux règles de l’OMC. Les BRICS dénoncent également les sanctions non validées par le Conseil de sécurité de l’ONU, une référence directe aux politiques américaines envers la Russie et l’Iran. Cette prise de position vise à renforcer la légitimité internationale du groupe, tout en appelant à une réforme des institutions multilatérales, un point central de la gouvernance inclusive et durable.

La réaction américaine ne se fait pas attendre. Sur les réseaux sociaux, Donald Trump annonce une nouvelle taxe de 10 % sur tout pays adoptant des politiques jugées « anti-américaines ». Cette déclaration, perçue comme une véritable déclaration de guerre commerciale, provoque une onde de choc immédiate sur les marchés mondiaux. Les devises des pays émergents, notamment le rand sud-africain, plongent. Les bourses asiatiques dévissent, illustrant la fragilité des économies du Sud face à la volatilité des relations BRICS-États-Unis.

Dans ce climat tendu, le président brésilien Lula prend la parole pour dénoncer la domination du dollar dans les échanges internationaux. Il appelle à la création d’un système commercial alternatif, moins dépendant de la monnaie américaine. Cette proposition, bien que saluée par certains membres, inquiète les marchés et accentue la chute des monnaies émergentes. Lula insiste sur la nécessité d’une transition prudente, impliquant une coordination étroite entre banques centrales du Sud global.

Cependant, la réalité des relations BRICS-États-Unis montre une image bien plus nuancée. Malgré le discours anti-hégémonique, plusieurs membres poursuivent des négociations bilatérales avec Washington. L’Indonésie, nouvellement intégrée au groupe, négocie un accord commercial de 34 milliards de dollars avec les États-Unis, incluant la réduction des droits de douane à zéro et l’achat de 500 millions de dollars de blé américain. Le Vietnam et la Thaïlande suivent la même voie, cherchant à préserver leur accès au marché américain.

Ce paradoxe met en lumière la dépendance persistante des BRICS vis-à-vis des États-Unis, malgré la volonté affichée de bâtir un nouvel ordre économique. La Déclaration de Rio de Janeiro cristallise ainsi les contradictions internes du groupe : d’un côté, une critique frontale de l’unilatéralisme et des sanctions américaines ; de l’autre, une recherche pragmatique de stabilité économique à travers des accords bilatéraux.

BRICS, laboratoire de l’avenir : IA, espace, gouvernance et… contradictions

Le sommet BRICS 2025 à Rio a confirmé une transformation profonde du bloc, qui s’affirme désormais comme un véritable laboratoire de l’avenir. L’intégration de nouveaux membres comme l’Indonésie, le Nigeria ou le Kazakhstan élargit non seulement la portée démographique et économique des BRICS, mais aussi leur influence sur les ressources stratégiques mondiales. Avec près de la moitié de la population mondiale et 39 % du PIB global, les BRICS ambitionnent de remodeler la gouvernance mondiale sur des bases plus inclusives et durables.

L’innovation est au cœur de cette dynamique. L’annonce de la création d’un Conseil Spatial BRICS marque une étape majeure vers une gestion autonome des Sustainable Space Connectivity Resources. Ce conseil vise à coordonner les efforts spatiaux des membres, rivalisant ainsi avec la NASA et l’ESA. La maîtrise de l’espace devient un enjeu central, non seulement pour la communication et la navigation, mais aussi pour la souveraineté technologique. Les avancées de la Chine, de l’Inde et de la Russie dans ce domaine montrent que le bloc dispose déjà d’atouts solides, même si la coordination reste un défi.

Sur le front de l’Artificial Intelligence Governance, l’Inde prend l’initiative avec l’organisation d’un sommet mondial sur l’IA en 2026. L’approche prônée se veut « inclusive », en opposition à la vision occidentale jugée trop restrictive. L’Inde, déjà pionnière dans l’application de l’IA à l’agriculture, la santé et l’éducation, souhaite fédérer les pays du Sud autour d’une gouvernance équitable et accessible. Cette volonté de peser sur les règles du jeu technologique mondial s’inscrit dans une logique de gouvernance inclusive et durable, où chaque membre peut faire entendre sa voix.

Les nouvelles initiatives BRICS ne s’arrêtent pas là. La création d’une bourse aux céréales, qui permettra de fixer les prix du blé, du soja et du riz en devises locales, vise à renforcer l’autonomie alimentaire et financière du bloc. Une plateforme d’investissement commune et l’ambition de bâtir un système de règlements indépendant du dollar témoignent d’une volonté de s’affranchir des institutions traditionnelles comme le FMI ou la Banque mondiale. La Nouvelle Banque de Développement, avec ses 96 projets et une notation AA+, incarne cette montée en puissance.

Cependant, cette expansion s’accompagne de contradictions internes. Les divisions sur la question de Gaza, les rivalités entre l’Inde et la Chine, ou encore les tensions Égypte/Éthiopie sur le Nil, fragilisent la cohésion du groupe. Les BRICS affichent une unité de façade sur les grandes réformes multilatérales, mais les intérêts nationaux demeurent parfois irréconciliables.

En conclusion, si la portée technologique et politique des BRICS s’élargit, la réussite de ce laboratoire du futur dépendra de leur capacité à surmonter ces fractures internes. Le pari d’une gouvernance mondiale plus inclusive et durable est lancé, mais il reste à prouver que les BRICS sauront transformer leurs ambitions en réalisations concrètes.

TL;DR: Le sommet des BRICS à Rio a révélé un bloc en pleine mutation : plus large et plus ambitieux, il défie l’hégémonie américaine… mais ses divisions internes et hésitations face aux sanctions et au dollar montrent que rien n’est encore gagné. La suite ? Un test de réalité pour l’alliance Sud globale.